Nouveautés


Image de Hayao Miyazaki

AGENDA 2016 ICI

si vous observez des erreurs de dates ou des manques merci de nous avertir ICI

    



News : nos commentaires sur l'avant-première du film de Asghar Farhadi "Le client" (sortie de mercredi 21 septembre). ICI

Prochaines séances



vendredi 30 Septembre à 13H30
"Au restau on se nourrit d'art contemporain"
en lien avec l'exposition Amar Answar au Frac- Extraits de La Jetée ; Soleil vert;  Koyannisqatsi ; A propos de Nice ; Les maîtres fous ; Nijuman No Borei  etc..
Restaurant social 

Mercredi 5 octobre à 19h30
Winnipeg mon amour  de Guy Maddin
Maison de quartier Bottière



Séances de ciné-débats citoyen à venir :

En Octobre :
Ciné-débat citoyen sur le thème du recyclage
En co-animation avec Nöel Girouard de Récup'Halvêque
et d'autres acteurs de la récupération dont les Ressourcerie de Nantes
Maison de quartier Bottière
Et salle de la Halvêque (2ème séance)


En Novembre
Ciné-débat citoyen  :l'alimentation solidaire, de la production à la distribution
En co-animation avec Plusieurs initiatives du Quartier de La Bottière
et d'autres acteurs de Nantes
Maison de quartier Bottière





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Information sur une initiative citoyenne que nous soutenons : 
tous les l5 jours  ( 19 septembre) le lundi à 18h30
Le Mouvement de la Place des Rêves nous invite à Habiter poétiquement La Bottière  
autour de la table et sur la Place.

(Rencontres des habitants et associations pour un centre de quartier convivial et solidaire)

Bienvenue à tous et toutes apporter un petit quelque chose à grignoter
et/ou à boire - et de quoi s'assoir si vous pouvez
Haut du parking de l'ancien centre commercial  
Akord ou La Halle aux chaussures donnent sur la rue de la Bottière
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Nos commentaires sur les derniers films  :
Elle de Paul Verhoeven (sortie au Katorza, mai 2016)
A peine j'ouvre les yeux de Leyla Bouzid (sortie Concorde)
Mia Madre de Nanni Moretti (sortie au Katorza)
L'Institutrice de Nadav Lapid
Une histoire de fou  de Robert Guédiguian (Sortie au Katorza)
Nostalgie de la lumière de Patricio Guzman
Le bouton de nacre de Patricio Guzman (sur notre forum)
Samia de Philippe Faucon
Fatima de Philippe Faucon avant première au Katorza

Les commentaires d'Elise :
Limpides et bien sentis sur toute sorte de films dans les salles
Ici sur notre forum



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Les entretiens de notre collègue Dominique Vergnes :
Celui de Hughes Barthes auteur de bédés qui méritent le détour ICI

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- La carte d’accès solidaire au cinéma 

éditée par nous, contractualisée avec les deux cinémas le Katorza et Le Concorde elle permet à tous ceux qui ont des difficultés pécuniaires d'accéder à l'ensemble de leur programmation au tarif de 3,6 euros la séance.  
Conditions : moins de 800 euros de revenu mensuel, (minimas sociaux etc. ) 
Contact : lasagessedelimage@free.fr ou tel 0251136715.
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Notre nouveau forum de discussion sur les films  :
http://sagesseimage.forumactif.org/forum


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Les sorties collectives au cinéma
Nous proposons deux sorties par mois,

Le programme des salles nantaises :
Le programme du Katorza 
Le programme du Concorde
Le programme du Cinématographe
Programme du Bonne Garde

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Suggestions : 
 - Vincent nous proposera un programme sur le thème du Hacker,
  (il nous met en appétit sur le Forum)

- David un film sur la thématique de l’arbre et de l’écologie.
 
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AGENDA GLOBAL de La Sagesse de l'image

"Le client" de Asghar Farhadi




Claudine :
aucun commentaire ??? alors je me lance : La mise en abyme est toujours un point de vue intéressant, la pièce de Miller interprétée au théâtre par le couple permet d'avoir une autre perception des deux héros du film. Nous ne pouvons oublier que l'action se déroule en Iran, ce qui explique que l'épouse y est, encore aujourd'hui, même dans ce milieu cultivé et artistique, soumise aux décisions de son mari ... c'est lui et lui seul qui décide de la venger et ce en dépit du refus de celle qui a subi l'agression ...
Je crois, cependant, que l'auteur du film a voulu, justement, dénoncer cet archaïsme, comme l'effondrement de l'immeuble qui se fissurait est à l'image de la société iranienne corsetée et étouffée ...
je regrette l'insistance et la longueur des scènes de violence envers le vieillard pervers qui "n'en finit pas d'mourir" (Brel)
j'ai tout de même apprécié ce film qui nous happe du début à la fin, magistralement interprété par les deux protagonistes.

Elise 
J'ai l'impression, après coup, que le réalisateur a fait en sorte de nous rendre sympathique chaque personnage... Aussi bien les bourreaux que les victimes... Je suis ressortie triste face à cette vengeance : pourquoi face à un acte violent réagir par la violence, l'humiliation... Quel intérêt ? Il n'est plus question d'humanité, ni d'un coté, ni de l'autre... Le vieillard est pervers, oui, mais l'attitude d'Emad aussi : il veut détruire, faire mal... Ira-t-il mieux ensuite ?
Rana, elle, est dans la démarche de pardonner... ça ne l'empêche pas d'être blessée mais elle est plus sereine... Un sujet dur mais très bien réalisé et porté par deux acteurs remarquables... A voir...


Lelou
En même temps sans Emad la vérité n'adviendrait pas - sans cruauté point de vérité ? le film ne le dit pas laisse la porte ouverte, en condamnant et affirmant la position insistante et masculine de son personnage  - à faire ou à se faire justice telle est la question ? - d'un même geste. De même Rana fait tout pour recouvrir la vérité depuis le départ, depuis sa perte de conscience aussi métaphorique que la fêlure du bâtiment dont parle Claudine - en même temps elle "paraît" humaine et elle l'est - si bien que les cartes sont brouillées. Chaque situation et chaque personnage ont deux versants. la mise en scène nous fait passer de l'ambivalence des personnages, de l’ambiguïté des circonstance, au paradoxe auquel nous conduit l’enchainement des événements : Au fond qui sait ce qui s'est passé ? Nous n'avons que les effets des circonstances et non leur vérité que pourtant nous traquons presque comme des journalistes ou des enquêteurs de police, ou des écrivains qui veulent faire un roman. De ce fait i l’événement ni sa vérité ne sont extérieur à nous : personnages, acteurs ou spectateurs. Nous y sommes impliqués. Même si le film est moins bon plus artificiel voire moralisant que les précédents, cela reste sa force de dramaturge et de mise en scène, il nous place devant un problème : que fait-on de celui par qui tout arrive quand tout arrive aussi bien par nous, qui y participons - devant le dilemme de son sacrifice interdit, y sacrifie t-on la justice et sa vérité ? 

Il nous dit aussi que si on veut rendre justice à l’évènement : tout rigoureusement y a participé et tout le monde aussi. De la sorte on ne peut faire dans tous les films de Farhadi le distinguo entre l’agencement de l’évènement et le dispositif d’une effraction ou une agression. Ici La fêlure de l’immeuble se prolonge par les circonstances à l’intérieur des personnages. Dont le prix à payer est le déni. Le déni que l’immeuble puisse s'effondrer par exemple et l'enfant ou le handicapé y être écrasés. Cela ne suffit pas à nous en épargner même à les sauver. Dans ses autres films je trouve qu'il va un peu plus loin, la solution vient aussi de ceux qui ont été victimes qui donnent des issues à leur "agresseurs". Un peu comme Guédiguian le fait de manière extraordinaire dans Les Neiges du Kilimandjaro, reprenant le poème de Hugo les agressés adoptent les jeunes frères de leur agresseur que par leur témoignage ils ont conduit en prison. Enfants abandonnés par leur mère. Le point de passage entre Les deux films c'est que dans les neiges de même l'agressé frappe son agresseur attaché dans le commissariat de police, ce que condamne Ascaride. Et dans "Une histoire de fou" Guédiguian pose bien le rapport paradoxal de la violence et de la vérité en ce qui concerne le déni du génocide arménien et l'effort que ce peuple et ses militants de la cause font pour le faire reconnaître.

Emad ne refuse pas seulement l'humanité de l'autre ou de sa femme, mais le déni de la réalité et le sentimentalisme, ou le syndrome de Stockholm. Il n'y a pas je trouve que de la vengeance dans son attitude - mais il y en a - et c'est là que les cartes se brouillent. Farahdi n'a pas poussé le paradoxe aussi loin que dans ses autres films. C'est un peu plus dans l'artifice la maîtrise et la facilité, le systématique et le démonstratif. Mais c'est du très bon cinéma

Alain
J'ai apprécié, on ramasse la mise à la fin après avoir fait transpirer le spectateur. La mise en abîme fait partie de la mise en scène de Farahdi. La partie théâtre j'aime ne pas pouvoir exactement la situer dans sa fonction dramatique. Par exemple le final, quand les masques et les maquillages se défont est grotesque dans les deux sens : au sens premier dépréciatif - et second valorisant- dans un entre deux, - là aussi métaphore connue qui fonctionne bien et paraît facile trop convenue presque. Dans ses marques Faradhi remet les choses sur son métier. Mais trop dans ses marques ne lui manque-t-il pas un excès de la vie et des circonstances telles que celles dans lesquelles sont pris emportés ses personnages ?

Quand bien même... le problème bien exposé, reste entier dans son résultat final, c'est le coup de génie, de maître. Comme le personnage masculin principal qui est maître de son jeu sur la scène voit sa maitrise, se défaire dans la vie... la vie qui n'est plus au contraire qu'une succession de dérapages en chaîne que cette maîtrise alimente en devenant au fur et à mesure inflexible impitoyable, sans que pour autant, on ne puisse la juger la condamner définitivement au contraire. Cela a deux pans comme un caducée, comme notre sentiment qui s'inverse où s'enlacent deux positions en voyant l’enchaînement de leur circonstances.

Dans les événements de la vie il y a, comme dans tous les films de Farahdi, trois éléments. La vie est soit une machinerie soit un théâtre dont on déplie ici les 3 coulisses : D'abord l'impact de la position, de la posture de chaque personnage, puis tout aussi bien et c'est différent, le poids social, les codes, l’organisation, le fonctionnement d'une société ; enfin et c'est énorme : le poids des circonstances et même très souvent l'ironie de leur destin qui épousent celui des personnages sans totalement s'y confondre. Ces trois vecteurs facteurs, axes, causes, du destin humain sont chez lui, l'iranien qui s'élève de ce fait à une totale universalité, à égale importance et c'est ça qui est intéressant aucune des coulisse ne se rabat définitivement sur les autres mais coulisse, suit sur sa propre ligne tout en se composant forcément par la force des choses justement des situations des enchaînements avec les deux autres. Et tout cela compose en effet... Et vu depuis la mise en scène de Farhadi cela donne une espèce de mécanique infernale que l'on n'arrive pas à juguler qui va à sa propre autonomie. La machine aimée des qualité fatales devient folle. Justement cette justesse juste, cette justice est folle, révoltante, implacable.

 Moins puissant que les autres films de Farahdi mais toujours très fort, il y est question de maîtrise envers et contre tout puissante et impuissante, mais aussi de Justice impossible et pourtant nécessaire, de vérité nécessaire parce qu'impossible. Farahdi est l'un des rares réalisateurs avec Eric Rohmer à la suite des grands moralistes français de l'époque classique à rentrer avec cette puissance dans les paradoxes des situation humaines - Il excellent à rendre réversible l’ambiguïté qui fait la faiblesse des humains pour la transformer en paradoxe (telle la perversion de ce pauvre bougre d'agresseur, qui apparait soudain dérisoire pitoyable et sans pardon possible. Mais les femmes ne sont pas plus épargnées que les hommes, les victimes et les bourreaux sans que les deux catégories ne se superposent car tous les personnages sont à parité (La femme-actrice et compagne aussi bien que la femme de l'agresseur ). La puissance - forcément phallique est mise à mal dans ses deux versants, aussi bien masculin que féminin, c'est je dirai ce qui fait la dignité de cette mis en scène. Souvent le vertical se transforme en horizontal, se couche après s'être tassé sur lui-même. Comme dans la tragédie antique. La fissure de l'immeuble transformée en métaphore de la société, se déploie à travers chaque personnage part le concours des circonstances auxquels chacun d'eux ou d'elles se prêtent. Il n' y a de ce fait au fond aucune victime. C'est exceptionnel. Profond grave et pourtant léger, bien plus dans la venue de la mort que "A propos d'Elly" par exemple, sans qu'il n'y ait d'autre résolution que la beauté du problème. Le mort comme un effet de surface qui n'exonère personne, ni l’événement ni l'enchainement ni les circonstances ni le contexte de société, ni les postures des personnages. Implacable et pourtant libre, telle est la folie qui mène le monde.




"Elle" de Paul Verhoeven



            

Claudine :
 Ce film comporte beaucoup trop de scènes hyper violentes qui ont heurté ma sensibilité ...

Elise :
Un film remarquablement réalisé avec Isabelle Huppert jouant parfaitement son personnage.
Un film dur, violent, oui certes, mais ce qui m'a marquée, c'est le comportement de cette femme envers ses proches : elle est intraitable avec sa mère, son père, son fils, sa meilleure amie...etc... Est-ce du à ce qu'elle vient de vivre ? Où est ce que ça fait partie d'elle depuis l'enfance ? Le film nous donne une partie de réponse...mais... Elle m'a bousculée cette femme, et bouleversée aussi : pour rester forte et debout, est ce que ça implique forcément ce comportement de froideur, d'insensibilité apparente ? Et puis, elle nous parait forte, mais elle est cassée à l'intérieur, brisée par son histoire... Finalement, elle est touchante...
Merci Alain et merci à tous pour le débriefing qui a suivi... De part nos échanges, le groupe est porteur, et pour moi, hier soir c'était important...

Martine 
Elise, je m'autorise une petite incruste j'ai vu ce film dimanche soir et je t'avoue n'avoir été convaincue en aucun point, hormi celui de l'interprétation des acteurs et de la mise en scène. Je l'ai reçu comme un thriller tragico comique ... Oups ! Providence de Resnais, hier soir m'a davantage marquée. Ah les goûts zé les couleuvres.

Alain
 C'est comme ça qu'il faut la prendre, Elle, tragique comique, en suspens et en angoisse.
Ma Loute aussi bien que "Elle" sont noirs misanthropiques, contiennent du conte du mythe des ogres et de la dévoration. J'aime "Ma Loute" pour le plaisir pur sans arrière-plans. Tandis qu 'Elle',  comme je l'aime, est toute investie en métaphores et nous interroge. "Elle" est comme l'envers de "Her". Dégonflage de mythe et de GI Jo, remontant ou interrogeant, l'autre mythe masculin de la femme qui en est le pendant, bandant, du phallus ( super héros, Batman masqué, ou concombre) son envers :  vagin denté prêt à le croquer dans la glace. 
L'avantage d'Elle c'est d'en montrer la père version justement, la réversibilité comme le gant - enlever ou mettre sa cagoule. A défaut de quoi le pouvoir phallocratique ne peut s'exercer - le film le montre de manière bien plus fine que mon délire, en quoi c'est un acte artistique qui se prête au commentaire sans que celui-ci ne puisse sa majesté la circoncire. On notera que ce qui assure le point de réversibilité c'est la parole qu'Elle lui adresse sans animosité et qui le rend impuissant.L'interprétation en est double : respecter ce scotchage, ce lieu où il est comme emmuré, Lui, car ce môme c'est le sien à Lui et pas à elle. A partir de ce respect on peut imaginer qu'il peut la balle la lui renvoyer plutôt qu'à la lui rapporter. Comme un objet précieux, le plus précieux, cette im-puissance au contraire..

Dominique
Elise c'est normal que Isabelle Huppert joue parfaitement son personnage, Philippe Djian l'auteur du roman "Ho" dont est tiré le film, a écrit les dialogues de son personnage en pensant à elle.
 

A peine j'ouvre les yeux



Elise
Je n'arrive pas à me détacher de cette jeune femme... j'y pense encore : quelle intensité dans l'émotion ! Et la manière dont est abordée la relation mère/fille c'est très finement écrit et filmé... Ouah, je reste un peu scotchée ce soir... Il y aurait tant à dire... La jeune actrice est remarquable dans son jeu, et la manière dont sont filmés les corps et leurs interactions... Tout est là pour nous embarquer dans l'émotion de cette situation si complexe...
Merci c'est un film très fort...

Alain
Bien écrit (une série de renversements des situations, des personnages et de leurs rapports). Bonne mise en scène et bien joué. La mère et la fille ont beaucoup de densité (les personnages autant que les actrices). J'ai aimé cette confrontation des deux générations qui au final se complètent (la "dream team" d'une révolution). Mais surtout deux grands moments d'émotion pour moi, quand la fille chante sur une rythmique punk après la traditionnelle (là aussi pont entre passé et avenir) et quand à la fin elle se réfugie dans les bras de sa mère. Puissant de sentir l’énergie de la révolte contenue dans son abattement. Le titre du film devient éloquent sur lequel on peut s'accrocher des sens différents mais tous valables. Content de vous avoir retrouvés et à cette occasion de bien finir l'année.

Martine
Se soumettre ou se démettre ?
Pas facile dans 1 démocratie mais encore + courageux dans un pays fasciste, sous le "doux "régime de Ben Ali à la veille du printemps arabe ?
Film qui laissera chez moi, une empreinte par le sujet abordé, les acteurs et la mise en scène.
Le proposer était une bonne idée. Meilleurs voeux pour 2016.

Alain
Bien reçu merci Martine pour cette mise en perspective avec des mots exacts. Le fascisme qu'on voit dans le film, sa mise en scène est intéressante - de l'avoir quasiment relégué en hors champ, avec cette figure du tortionnaire qui dépasse. Si je me souviens bien on entend son collègue mais on ne le voit pas (dite-moi si je me trompe).
Ce serait intéressant de faire un débat sur la Tunisie actuelle, sa révolution, son devenir. Le prix Nobel de la paix qui été attribué cette année au quartet du "Dialogue national" qui a sauvé la démocratie tunisienne de nouveau en péril en 2013 est largement mérité. Les Tunisiens nous donnent une leçon. Ici aussi il y a des tensions, des forces "progressistes" et "réactionnaires" qui divisent quelquefois les clans les partis et structures. Le débat sur la déchéance de la nationalité en est un exemple.

Hélène :
Leila Bouzid nous embarque vraiment et nous "donne envie de la suivre" aussi bien lorsqu'elle filme une scène de torture révoltante tournée la nuit avec une lumière glauque qui éclaire principalement le visage de Farah (ses tortionnaires sont de dos ,de trois quarts ou hors champs) que lorsque sa caméra, amoureuse des corps et des visages baignant dans le soleil , s'en approche jusqu'à donner l'impression de les caresser. Il est vrai qu'ils sont jeunes, beaux et "donnent envie de vivre" .
Mais il est intéressant que la réalisatrice ne se contente pas d'opposer la splendeur des jeunes visages rayonnants à la noirceur de silhouettes inquiétantes et donne de l'épaisseur à ses personnages principaux. Non seulement à la mère de Farah qui véritablement terrorisée au début du film abrite et encourage le chant de sa fille dans la scène finale (magnifique) mais également à Bahrène qui s'avère être un personnage plus complexe qu'il n'y parait d'abord : lui non plus n'est pas d'un seul bloc et lui aussi finit par trahir (Farah) comme il a été trahi par Ali.
Bref, un film dont on sort à la fois grandi et plus humble.

Alain :
En effet c'est intéressant les retournements des personnages au final . Et du coup c'est elle qui s’émancipe, s’affirme en laissant son ancien compagnon. Faut savoir ce que tu coco! Magnifique ligne de fuite. Fragile mais souveraine. Ce qui dresse de l'ambiance d'une dictature un paysage complexe où le politique croise le familial et les liens intimes. C'est la vertu du film ?