A-propos-de-Samia



Elise : Ce film m'a beaucoup touché : j'ai beaucoup de mal avec la manière dont les femmes doivent vivre leur culture... Cette façon de cacher leur corps... Peut-être parce que je n'ai pas eu de réponse concrète de la part d'une amie, de famille chrétienne qui c'est convertie à l'islam et c'est voilée... Je l'ai mal vécu ... Et je n'ai pas su comment réagir, si ce n'est de ne pas la perdre de vue, de garder le contact : elle dit que c'est son choix, mais je ne là sens pas heureuse, pas épanouie...
Alors je les trouve fortes ces filles qui envers et contre tout affirment leur liberté et leur droit d'exister en tant qu'individu à part entière...
Le film insiste bien sur l'importance du regard des autres, de ce que vont penser les autres : ça doit être terrible ce regard constant de la communauté sur toi...
Et puis, on a du mal à lui trouver des excuses à ce frère tyrannique...
Merci pour ce film poignant...
Et quels échanges ensuite ! notamment le ressenti de Danièle sur l'accueil de l'autre et comment ce film fait écho à notre part d'humanité... Savoir accueillir la différence : c'est pas si simple et en même temps c'est si riche...  Un grand merci à tous.

Alain :
On a mis l'accent dans le débat sur ce "paradoxe" que le film de Faucon "ne décolle pas" (Danièle) et parce qu'il est au ras de adolescente à sa hauteur, en capte peint dresse un portrait vivant jusque dans tous les élans et contraintes sous lesquelles elle vit; elle aussi bien que les autres personnages d'ailleurs. On était en stage d'immersion en quelque-sorte comme à sa place... ou plutôt entre les personnages dans leur site et leur situation. C'est ça un cinéma qui ne décolle pas mais au contraire est incarné. On a remarqué à quel point ces jeunes femmes sont belles, vivantes, incarnées. Un peu comme dans les films de Céline Sciamma "Bande de filles" on aurait pu ajouter dans un autre genre les personnages de Noémie Lvovky, aussi bien référence lointaine que ceux de Pialat.

Mais l'acteur (amateur) qui joue le grand frère tient bien son rôle aussi. Ainsi que celle qui joue la mère. Bonne mise en scène bonne direction d'acteur. Pas de gras, pas de fioriture dont on a pourtant l'habitude. Et pourtant dans cette "sécheresse" de style des prises de position qui nous font trouver la violence du grand frère insupportable. Aussi bien que celle de l’institution qui reproduit des modèles (la scène de la conseillère d'orientation) auxquels Samia de toute ces force résiste. Et là nous pouvons nous identifier à elle. On aurait envie de dire : so what tellement c'est sobre et net. Mais on aurait pu aussi le dire d'un des poèmes de Francis Ponge dans Le parti pris des choses. On peut ne pas aimer le cinéma naturaliste. Préférer les allégories de "Dheepan" ou le lyrisme de "Mustang" qui dépend l'oppression des jeunes femmes dans une autre famille. Moi je trouve ce cinéma efficace. Trop ?

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