« Mr Smith va au sénat » de Frank Capra



  
   
 
Mr. Smith au sénat
de Frank Capra
avec J. Stewart et Jean Arthur
scénario : Sidney Buchman
d'après le roman de Lewis R.Foster
sortie USA, oct. 39 ; France, janv.40




 

Commentaire de Danielle :

Suite au débat selon lequel ce film serait populiste, sans reprendre tous les éléments déjà évoqués dans le débat, voici quelques contre-arguments :

le choix du nom « Mr Smith » signifie (par sa fréquence) déjà « quiconque »
la secrétaire qui avait entrevu un autre regard sur le monde, veut abandonner ce monde politicien qu'elle dépeint ; elle ne se reconnaît plus là-dedans, elle réagit !
devant le déchaînement déloyal contre Mr Smith, devant son abandon, cette secrétaire retrouve de l'énergie, non seulement parce qu'elle est amoureuse, mais aussi parce qu'elle est sûre qu'une telle loyauté, une telle pureté des intentions ne peut que triompher de tout ; elle croit en la constitution !

si un magnat de la presse peut faire la pluie et le beau temps, des journalistes font leur travail... Un million d'exemplaires est tiré pour dire la vérité ; ce ne sont pas les journalistes qui sont attaqués mais le magnat... On voit d'ailleurs des journalistes dans la chambre du Sénat prendre des notes lors du discours de Smith !

Le sénateur Paine est très mal à l'aise dans tout le film ; à chaque discours, c'est sa honte qui nous est montrée dans un deuxième temps. Il est prisonnier du magnat, mais sa conscience est bien là ! A la fin, il jette l'éponge et crie la vérité en s'excluant lui-même de la chambr.

Enfin et surtout, cet idéal revendiqué dans la constitution fonctionne ; chacun peut s'exprimer, dire sa vérité jusqu'au bout : la vérité triomphe, faisant honte à ses traîtres ! Je redis : c'est un grand et beau film qui dit : n'abandonnez pas vos convictions humanistes, défendez-les jusqu'au bout, vous êtes dans un cadre qui le permet, vous triompherez !




La réception du film

Un attaqué par la presse de Washington et par de nombreux hommes politiques au Congrès américain.
 


En octobre 1939, lors de la première diffusion de Mr. Smith Goes to Washington à la salle de la Constitution à Washington, D.C., la salle comprenait 4 000 invités, incluant 45 sénateurs. Considéré comme anti-américain et pro-communiste, ce film a été perçu comme une interprétation fausse du gouvernement américain, accusé de corruption1. Alors que Frank Capra revendique dans son autobiographie que certains sénateurs ont quitté la salle lors de la première, la presse contemporaine ne se prononce pas sur la véracité des faits, ou encore s'il est vrai que des sénateurs aient hurlé de colère lors de la première projection.

Pete Harrison, un journaliste respecté, a suggéré que le Sénat américain passe une loi autorisant les propriétaires de salles de cinéma de refuser la production de films qui n'étaient pas dans le meilleur intérêt du pays. Cela n'arriva pas, mais certains sénateurs tentent de répondre aux attaques liés aux répercussions du film sur la réputation de leur institution : ils tentent de forcer le passage de la Neely Anti-Block Booking Bill (en), qui a finalement mené à la dissolution de l'entreprise d'exploitation de salles de cinéma appartenant à la Columbia Pictures, à la fin des années 1940. Columbia a riposté en distribuant un programme mettant en relief le patriotisme du film et le soutien à la démocratie, et a publié de nombreuses critiques positives à l'égard du film.

D'autres objections se sont aussi fait entendre : Joseph P. Kennedy, l'ambassadeur américain en Grande-Bretagne, a écrit à Capra ; la Columbia a encouragé Harry Cohn à dire qu'il avait peur que le film nuise au prestige américain en Europe, et elle a vivement recommandé l'interdiction du film en salle en Europe. Capra et Cohn ont répondu en citant les critiques du film, ce qui a apaisé Kennedy, dans la mesure où il n'a jamais suivi ces propres recommandations, même s'il avait des doutes sur le film. Le film a été interdit dans l'Allemagne nazie de Hitler, dans l'Italie fasciste de Mussolini, dans l'Espagne de Franco et dans l'URSS communiste de Staline. D'après Frank Capra, le film a aussi été doublé dans certains pays européens pour altérer le message du film en vue de se conformer aux idées officielles.

Mr. Smith Goes to Washington est considéré comme un film dénonciateur (précurseur des lanceurs d'alerte ou whistleblowers) par excellence de toute l'histoire américaine. Le Dr. James Murtagh et Dr. Jeffrey Wigand ont cité le film dans leur œuvre phare comme le premier Dénonciateur à Washington  (Whistleblower Week in Washington) de toute l'histoire américaine, en mai 2007.



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